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Le modèle de croissance par l’industrialisation : la fin d’un miracle ?

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L’ère des modèles de croissance tirés par l’industrialisation et les exportations manufacturières est-elle derrière nous ? Si l’on en croit Dani Rodrik, professeur à Harvard (a), ce serait effectivement le cas. Est-ce à dire que les pays d’Afrique, seul continent à ne pas avoir expérimenté ce type d’expansion rapide, sont voués à ne pas connaître les mêmes phénomènes de miracle économique dont ont bénéficié il n’y a encore pas longtemps les pays d’Asie de l’Est et, en particulier, la Chine ?

Un appel lancé depuis le Sénégal : il faut investir dans le capital humain et la protection de la planète

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Au début du mois de février, le Sénégal a été au premier plan de deux combats essentiels pour la communauté internationale : la lutte contre le changement climatique et l’amélioration de la qualité de l’éducation dans un monde en pleine mutation.

Le président de la République française Emmanuel Macron et son homologue sénégalais Macky Sall ont coprésidé la conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE), qui s’est tenue à Dakar le 2 février. Le GPE est une plateforme de financement qui a pour mission d’aider les pays à faible revenu à non seulement accroître le nombre d’enfants scolarisés mais aussi à faire en sorte qu’ils maîtrisent les apprentissages requis.

Cette conférence a permis aux dirigeants africains et à leurs partenaires de faire connaître leur détermination à fournir une éducation qui prépare les enfants à l’économie de demain et favorise les progrès socioéconomiques.

Cryptomonnaies et technologie blockchain : de nouvelles armes contre la corruption

Enrique Aldaz-Carroll's picture
© Pixbaby/Creative Commons
© Pixbaby/Creative Commons


La technologie des chaînes de blocs (ou blockchain) et les cryptomonnaies de type bitcoin pourraient révolutionner les méthodes de paiement et les rapports commerciaux. Elles offrent également des perspectives très prometteuses pour lutter contre la corruption.

Les avancées technologiques ont le potentiel d’accroître considérablement la responsabilité et la transparence des dépenses publiques et d’endiguer ainsi la corruption. Quand un gouvernement décide par exemple de construire une route, il est désormais en mesure de suivre le moindre dollar dépensé, d’identifier ceux qui utilisent les fonds et de veiller à ce que seules les personnes autorisées à dépenser cet argent le font dans les délais convenus et en fonction des objectifs initialement prévus. Les enquêtes pour fraude et corruption, qui durent aujourd’hui en moyenne 15 mois (a), pourraient être bouclées par la simple activation d’une touche sur un clavier et à un coût très inférieur. Surtout, ce type de suivi dissuaderait toute velléité de corrompre un fonctionnaire, sachant que les pots-de-vin représentent aujourd’hui entre 1 500 et 2 000 milliards de dollars par an, soit environ 2 % du PIB mondial (a). Autant de gains qui amélioreraient les effets des actions de développement. Il suffirait, pour cela, d’adopter une cryptomonnaie et de faire appel à un logiciel de blockchain.

Quand la protection sociale adaptative permet d’affronter les crises et de renforcer la résilience

Michal Rutkowski's picture
Dans un monde fait de risques grandissants, les systèmes de protection sociale aident les individus et les familles à affronter les chocs : guerre civile, catastrophe naturelle, déplacement forcé, etc. © Farhana Asnap/Banque mondiale

Dans notre monde actuel, les situations de crise sont devenues la norme. En 30 ans, les catastrophes naturelles ont tué plus de 2,5 millions de personnes et entraîné des pertes chiffrées à pratiquement 4 000 milliards de dollars. Rien que pour l’an dernier, la facture a frôlé un montant record de 330 milliards de dollars. Le changement climatique, la pression démographique et d’autres évolutions touchant notre planète peuvent aussi aggraver la fragilité. Aujourd’hui, 80 % de tous les besoins humanitaires découlent d’un conflit tandis que la part des plus démunis vivant dans une zone en conflit devrait franchir la barre des 60 % à l’horizon 2030.

Quand l’éducation par le divertissement change notre conception du développement

Arianna Legovini's picture
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Améliorer le bien-être de tous ne se résume pas à proposer des services. Cela suppose aussi que chacun s’investisse activement au développement, en exigeant des services et des produits utiles au quotidien et en adoptant des réflexes propres à améliorer son existence. La prévention en matière de santé en est une bonne illustration.

En 2009, dans le cadre de notre atelier sur l’évaluation des résultats obtenus dans la lutte contre le sida organisé en Afrique du Sud, dans la ville du Cap, j’ai suivi l’intervention de Nancy Padian. Cette chercheuse en médecine au Women’s Global Health Imperative (a) a passé au crible les conclusions d’essais randomisés contrôlés testant l’efficacité des campagnes de prévention du VIH.

L’étude (a) présentée expliquait qu’une trentaine de ces campagnes avaient échoué à modifier le comportement sexuel et à faire baisser l’incidence du VIH.
Ce travail nous a donné à réfléchir : il faisait ressortir l’inefficacité de campagnes de communication qui ne parvenaient ni à changer les comportements ni à enrayer l’épidémie du VIH.
Un examen plus approfondi a mis en évidence une communication privée de trames narratives inspirantes et reposant sur des supports désuets et sans intérêt (panneaux d’affichage, dépliants, etc.).

Nous nous sommes alors posé la question de savoir si nous pouvions faire autrement.

Maximiser les financements pour le développement : une stratégie qui fait ses preuves

Hartwig Schafer's picture
People in Saint-Louis, Senegal. © Ibrahima BA Sané/World Bank
Saint-Louis (Sénégal). © Ibrahima BA Sané/Banque mondiale

Il faudra des investissements massifs pour mettre fin à l’extrême pauvreté et favoriser une prospérité partagée à l’horizon 2030. Pour être à la hauteur de ces ambitions et atteindre les Objectifs de développement durable (ODD), les besoins se chiffreraient jusqu’à 4 500 milliards de dollars chaque année. À l’évidence, nous n’y parviendrons pas en nous appuyant uniquement sur les financements publics. Soyons clairs : les pays ne réussiront à atteindre les ODD et à améliorer ainsi les conditions de vie de leur population que s’ils mobilisent davantage de ressources nationales et s’ils attirent plus de financements privés pour compléter et démultiplier les fonds publics et l’aide au développement. C’est ce que l’on appelle « maximiser les financements pour le développement ».

La chirurgie, grande oubliée de l’aide aux systèmes de santé

Emi Suzuki's picture

Cinq milliards de personnes, soit les deux-tiers de la population mondiale, n’ont pas accès à des soins de chirurgie, d’anesthésie et d’obstétrique abordables, alors qu’un tiers de la morbidité mondiale nécessite un traitement chirurgical et/ou anesthésique. En dépit d’une charge de morbidité immense, on néglige bien souvent les efforts qui rendraient les soins de chirurgie, d’anesthésie et d’obstétrique sûrs et abordables (a).
 
Pourquoi ? Peut-être parce que la chirurgie et l’anesthésie ne sont pas des maladies (a). Ce sont des formes de traitement qui couvrent tout le spectre des affections qui touchent l’être humain : infections, maladies non transmissibles, blessures et maladies de la mère, de l’enfant, de la personne âgée ou liées à un traumatisme. Or, les organismes de développement internationaux se concentrent à ce jour sur des programmes verticaux axés sur les pathologies.
 
Avant 2015, il n’existait quasiment pas de données mondiales sur la chirurgie, l’anesthésie et l’obstétrique. Convaincue qu’on ne peut pas gérer ce qu’on ne mesure pas, la Commission du Lancet sur la chirurgie dans le monde (a) a élaboré six indicateurs pour la chirurgie, l’anesthésie et l’obstétrique (voir ici) et collecté des données y afférentes. L’analyse de ces données fait apparaître de profonds écarts entre les pays selon leur catégorie de revenus.

Dans les pays à revenu élevé, le personnel chirurgical est 70 fois plus nombreux que dans les pays à faible revenu.

Le personnel chirurgical est très peu nombreux dans les pays à faible revenu (1 médecin spécialisé pour 100 000 habitants) et dans les pays à revenu intermédiaires de la tranche inférieure (10 médecins spécialisés en chirurgie, anesthésie et obstétrique pour 100 000 habitants). Par comparaison, on en recense 69 pour 100 000 habitants dans les pays à revenu élevé. L’écart entre les pays à revenu élevé et les autres est encore plus grand pour la densité de personnel chirurgical que pour celle de médecins.
 

L’impôt au service des ODD

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Groupe de la Banque mondiale


La fiscalité joue un rôle clé dans la mobilisation et l’affectation des ressources intérieures nécessaires à la fourniture de services publics essentiels et, plus largement, à l’atteinte des objectifs de développement des gouvernements.

L’évasion fiscale et les paradis fiscaux ont fait la une des journaux dernièrement. Si ces phénomènes constituent un réel obstacle à la justice fiscale, elles ne doivent pas occulter l’énorme travail qu’il faut entreprendre pour aider les pays à améliorer leurs politiques fiscales, et pour que celles-ci soient appliquées efficacement par une administration structurée et compétente.

Taxation des richesses : vers de nouvelles règles du jeu

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L’ampleur croissante des inégalités de revenu est un problème crucial dans de nombreux pays, comme l’a récemment souligné le FMI dans son Moniteur des finances publiques. Pourtant, la richesse est encore plus inégalement répartie que le revenu, ainsi que le montre le schéma qui suit.
 



Malgré la fameuse proposition (a) de Thomas Piketty — instaurer une taxe généralisée de 2 % sur le patrimoine des plus riches — il n’existe que très peu de taxes visant explicitement la richesse, que ce soit dans les économies développées ou émergentes. D’ailleurs, entre 1985 et 2007, le nombre de pays de l’OCDE taxant la richesse est tombé de douze à quatre. Et dans bien des cas, ces mécanismes étaient et sont toujours assez peu efficaces. Les pays en développement ne prévoient que très rarement une taxe sur le patrimoine et l’Inde a purement et supprimé la taxe existante de son dernier budget national.

Une approche unifiée pour réduire les risques qui pèsent sur la santé humaine, animale et environnementale

Juergen Voegele's picture
 Trevor Samson / Banque mondiale


Les autorités malgaches et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont annoncé en novembre dernier que l’épidémie de peste pulmonaire à Madagascar était jugulée. Pour nous comme pour beaucoup d’autres, cette nouvelle a constitué un soulagement considérable...

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